Première partie : Mai 1968 en France


  • IX. Lip et le Larzac : fin du classisme ordinaire et tension vers la communauté humaine, Jacques Wajnsztejn, Jacques Guigou

    Les points de convergence Mai-68 s’est étiré jusqu’à l’été 73, mais nous ne sommes plus dans un processus d’accroissement de la conflictualité tel qu’il se poursuit encore en Italie. Ce ne sont plus que des soubresauts exemplaires qui indiquent une rupture avec les idées de centralité du travail et de classes sociales antagonistes. Il faudra la défaite finale des salariés de Lip et la victoire du Larzac pour que cela apparaisse plus clairement et visiblement, au-delà du cercle étroit des petits groupes (...)

  • VIII. L’Immédiat après 68 en France, Jacques Wajnsztejn, Jacques Guigou

    Le volontarisme politique des maoïstes La loi Edgar Faure sur les universités à l’automne 1968 répond en grande partie à des aspirations réformistes exprimées pendant les mois de mai-juin et il ne fait pas de doute que certaines idées de l’UNEF, avancées dès les années 1963-66 ont été utilisées par le pouvoir dans un contexte devenu plus favorable au changement « pour que tout reste comme avant » comme disait Lampedusa. La réforme Edgar Faure met en place les universités-pilotes de Vincennes et Dauphine en (...)

  • VII. Les leçons de Mai, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    La puissance de l’événement contre tous les liquidateurs Le no 12 de l’IS fut intégralement consacré à l’interprétation de Mai, mais dans une optique résolument optimiste qui tranchait à la fois avec le bilan gauchiste, style LCR, visant à capitaliser ce qui pouvait l’être en période dite de reflux (Mai-68 comme « répétition générale ») et avec l’analyse et la pratique des groupes traditionnels de la gauche communiste qui soit retournaient à leur splendide isolement (les groupes liés à la gauche italienne), (...)

  • VI. Le mouvement lycéen, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    À la rentrée 1966 se créent les premiers Comités Vietnam dans quelques lycées parisiens. Ils sont animés par des militants de la Jeunesse communiste. Très vite exclus de l’organisation stalinienne, ils contribuent à la création des Comités Vietnam National (CVN) dans les lycées parisiens et en province307. Au lycée Jacques-Decour qui a connu une tradition résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, puis rebelle pendant la guerre d’Algérie308, des groupes trotskistes309 et anarchistes y sont présents (...)

  • V. Le mouvement étudiant dans les autres villes, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Le Mouvement du 25 avril à Toulouse Ce n’est pas un simple décalque du mouvement nanterrois, car il y a eu un véritable avant mai 1968 à Toulouse ; un mouvement de masse étudiant rompant avec les modèles traditionnels. L’UNEF y est très faible, comme à Nanterre et surtout en pleine crise puisque la tendance des étudiants communistes (UEC) vient de prendre le contrôle du bureau à la place des ESU plus favorables au mouvement. Par ailleurs et comme à Lyon, les groupuscules sont peu implantés, si on (...)

  • IV. L’événement Mai-68, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Les manifestations du 3 au 13 mai Du 3 mai à la première nuit des barricades Le 3 mai, le M22 organise un meeting à la Sorbonne pour répondre à la seconde fermeture de la faculté de Nanterre, conjointement avec l’UNEF qui répond, elle, au saccage des locaux de sa Fédération des groupes de Lettres (FGEL) par le groupe d’extrême droite Occident le 2 mai. La fermeture de la faculté de Nanterre par le doyen Grappin, après avis du ministre de l’Éducation nationale, est censée mettre fin à l’agitation (...)

  • III. Les prémisses pratiques, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Le rôle du gauchisme Mai-68 marque la naissance d’un nouveau type de mouvement par rapport à l’idée classique de mouvement social ou celle de mouvement de classe. Il déborde les qualifications habituelles. Il est massif, mais les minorités agissantes y tiennent un grand rôle et les individus aussi puisqu’ils ne sont pas structurés de façon aussi rigide par des valeurs et des organisations qui sont entrées en crise depuis la fin des années cinquante et surtout pendant les années soixante, comme nous (...)

  • II. Les prémisses théoriques, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Elles s’expriment essentiellement à travers des revues politiques et l’intervention publique de quelques intellectuels engagés. Les revues Socialisme ou Barbarie15 (SoB) Le nom du groupe-revue s’explique par la reprise de la notion trotskiste de décadence du capitalisme qui conduisait à poser cette alternative. Rosa Luxemburg l’avait d’ailleurs reprise de Marx pour dénoncer les horreurs de la Première Guerre mondiale. À l’origine, la revue ne se livre pas à une critique ouverte du marxisme ou des (...)

  • I. La double nature du dernier cycle d’assaut prolétarien, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn

    Le contexte : un soulèvement international de la jeunesse Mai-68 en France fut la figure de proue d’un mouvement plus vaste commencé à Berkeley en 1964, qui se poursuit avec la révolte des ghettos noirs aux États-Unis en 1965 (Watts), la lutte contre la guerre du Vietnam (1967–68, le Biennio rosso italien de 68–69 et son point d’orgue à la Fiat-Turin, Gdansk 70–71, le Portugal 74. Une séquence qui atteint son acmé à Bologne en 1977. Jeunesse et spontanéité ont présidé à ces événements, jeunesse et (...)