Capital et devenir humain

Correspondance avec Jacques Camatte

Présentation

Durant plusieurs décennies, Jacques Camatte et Jacques Guigou ont poursuivi une correspondance, qui a connu des interruptions, parfois longues, mais qui n’a jamais cessé, quasiment jusqu’à la mort de Jacques Camatte, en avril 2025.
Leurs échanges se sont développés autour de certaines des grandes questions politiques, philosophiques et anthropologiques contenues dans l’œuvre vaste et singulière du fondateur de la revue Invariance. On y trouve des approfondissements, parfois divergents, de notions et de concepts, tels que les longs échanges sur l’englobement des contradictions, sur le « General intellect », sur la combinatoire, sur l’invisible et sur le capital.
Les mouvements historiques contemporains donnent lieu à des interprétations et des interrogations inédites. On y trouve également des pensées sur l’histoire, des commentaires sur la poésie, des projets de publications et de traductions, des récits de vie quotidienne.
Cette correspondance prend place dans l’œuvre de Jacques Camatte. Elle témoigne directement de quelques moments de sa pensée et de sa vie.

Commandes pour libraires

Diffusion et distribution : Éditions L'Harmattan, collection Temps critiques

Bonnes feuilles

Durant plusieurs décennies, Jacques Camatte et moi avons poursuivi une correspondance, qui a connu des interruptions parfois longues, mais qui n’a jamais cessé quasiment jusqu’à sa mort au mois d’avril dernier.

Nos échanges se sont développés autour de certaines des grandes questions politiques, philosophiques et anthropologiques contenues dans son œuvre vaste et singulière. On y trouve des approfondissements parfois divergents, de notions et de concepts, tels que, par exemple, nos longs échanges sur l’englobement des contradictions, sur le General intellect, la combinatoire ou bien encore sur l’invisible.

Indissociables de la théorie, nous avons confronté nos interprétations de tels ou tels mouvements historiques s’opposant ou confortant la dynamique du capital. L’opéraïsme italien, efficient dans sa période, puis sa parodie virtualiste à partir des années 2000, sont situés par rapport à l’accomplissement puis l’achèvement du temps historique. Les attaques du 11 septembre 2001 aux USA conduisent Jacques Camatte à composer un de ces textes brefs et profonds dont il est familier.

Relisant notre correspondance pour établir ce livre, j’ai à nouveau constaté combien il est enrichissant de voir les idées prendre forme et substance dans la pensée de Jacques Camatte. Nous sommes associés au mouvement de sa réflexion. Nous y rencontrons certains inédits.

Ainsi en est-il de la dyade ; plus précisément de la disparition de la dyade comme support des contraires. Le procès de séparation à l’œuvre dans le mouvement du capital dissocie les dyades, les décompose et les recompose. Chaque élément étant ensuite pris dans la combinatoire, de sorte que l’effectivité de la contradiction est désamorcée, dissociée.

Mais la théorie est bien loin d’occuper tout le contenu de nos échanges. Projets de publications, traductions, tiennent la place toujours indispensable qui leur revient. La traduction d’un texte confidentiel de Jacques Camatte sur son long séjour passé en Italie chez Giorgio Cesarano, n’a finalement pas abouti.

Dans la seconde partie des années 2000, Jacques Camatte a créé le site Invariance et a commencé à y placer de nombreux écrits. Nous le voyons apporter les plus grands soins aux textes mis en ligne, élaborer des rubriques appropriées, porter des corrections, classer son œuvre dans une temporalité : archives, documents, données récentes, glossaire, etc. Jacques Camatte fait preuve d’une rigoureuse précision dans les mots utilisés, les variantes dans les traductions. Bon connaisseur de l’allemand, il revient sur des traductions à partir du texte source.

 

Et puis, il y a la vie quotidienne évoquée par deux amis. Les marques de confiance et les cheminements de chacun. Cheminement, un mot et une pratique de vie essentiels pour Jacques Camatte. Ici on le voit s’occuper de ses arbres et là cultiver son jardin selon les principes de la permaculture. Avec empathie et sensibilité, il commente un de mes recueils de poésie.

Avant de m’absenter pour laisser libre cours à la lecture, je tiens à devancer une éventuelle interrogation : pourquoi vous autorisez-vous à publier cette correspondance qui est d’abord et avant tout personnelle ? À cela, je réponds que c’est avec l’accord de Jacques Camatte que je m’y autorise.

En effet, au début de l’année 2016, j’ai rassemblé l’essentiel de ma correspondance avec Jacques Camatte. Je lui ai envoyé le fichier en lui disant que j’envisageais de la publier. Le 1er juillet 2016, il m’a répondu ceci :

« D’accord pour ta décision.

Mon silence était dû à des ennuis et à de multiples activités. Dans tous les cas, je pensais t’exprimer mon accord, même si je ne percevais pas réellement la nécessité de la publication de nos échanges épistolaires. »

Il n’en reste pas moins que cette correspondance existe et que, parmi bien d’autres de ses écrits, elle témoigne de quelques moments de la pensée et de la vie de Jacques Camatte.

 

En mémoire de Jacques Camatte,

Montpellier, novembre 2025

 

Jacques Guigou

Fiche technique


Titre : Capital et devenir humain. Correspondance avec Jacques Camatte
Éditeur : L'Harmattan
Lieu d'édition : Paris
Collection : Temps critiques 
Date de parution : janvier 2026
Nombre de pages : 96 p. 
Dimensions : 13,5 cm × 21,5 
Présentation : Broché  
ISBN : 978-2-336-59022-6
EAN : 9782336590226

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