Suppléments


  • supplément #8 au numéro 19
    Un analyseur de la crise de la reproduction des rapports sociaux capitalistes : Les Gilets jaunes, Temps critiques

    Avec maintenant un peu de recul, on peut se poser la question de savoir quels liens un mouvement tel que celui des Gilets jaunes peut entretenir avec ce que nous avons appelé « la révolution du capital1 ». On ne peut dire qu’il en est le produit car cela serait proche du truisme. On ne peut pas dire non plus qu’il en est l’expression, car la révolution du capital n’est pas un « sujet », mais un processus de forces qui tendent vers ce que nous avons appelé la société capitalisée. Il y a des forces qui (...)

  • supplément #7 au numéro 19
    Ce qu’il peut rester du mouvement des Gilets jaunes, Temps critiques

    Nous avions dit en mars que le mouvement était sur sa ligne de crête. Qu’en est-il aujourd’hui que le nombre de manifestants, et des présents aux AG, décline, que la reprise des ronds-points ne s’effectue pas ? Comment continuer à dire : « On ne lâchera rien » sans être dans le déni de l’affaiblissement du mouvement ? C’est pour toutes ces raisons qu’il nous paraît bon d’évoquer une question simple : que peut-il rester d’un mouvement comme celui-ci ? Question qui exige de quitter le court terme sur ce que (...)

  • supplément #6 au numéro 19
    Gilets jaunes : Sur la ligne de crête, Temps critiques

    Une ligne de crête qui accompagne tous les soulèvements car, par définition, on ne sait pas quand et comment va se faire la bascule. Ce qui nous fait entrevoir cette phase, c’est que le mouvement des Gilets jaunes s’échoue aujourd’hui sur plusieurs écueils qui ont pourtant fait sa force hier.
    S’il ne se laisse pas définir, il ne se définit pas lui-même
    Si le mouvement des Gilets jaunes ne se définit pas par ce qu’il n’est pas (antisémite, anti-migrant, sexiste, homophobe), ce qui serait se mettre dans (...)

  • supplément #5 au numéro 19
    L’envie de Révolution française des Gilets jaunes, Temps critiques

    Dès les premières occupations des ronds-points, des péages d’autoroute, des zones commerciales, lors des manifestations dans les rues et sur les places, les emblèmes de la Révolution française sont présents et mis en avant par les Gilets jaunes. Drapeaux tricolores, bonnets phrygiens, guillotines et chants de la Marseillaise donnent le ton et rythment les diverses formes de lutte. Dans les réunions et sur les réseaux sociaux circulent mots d’ordre stratégiques et modes d’actions politiques qui, pour (...)

  • supplément #4 au numéro 19
    Ce qui dure dans la lutte des Gilets jaunes, Temps critiques

    La maturation du mouvement
    Ce que l’on peut dire, c’est que sans transcendance de son point de départ, le mouvement a déjà infléchi son antifiscalisme originel vers des exigences plus sociales et générales (de la justice fiscale des petits commerçants ou entrepreneurs, à la justice sociale). Déjà, la lutte sur le prix de l’essence était une lutte qui dépassait la question de l’augmentation pour dénoncer l’arbitraire d’un prix sans rapport à une quelconque valeur. Les Gilets jaunes ne sont pas des experts (...)

  • supplément #3 au numéro 19
    Une tenue jaune qui fait communauté, Temps critiques

    Le mouvement des Gilets jaunes semble confirmer une rupture du fil historique des luttes de classes. Elle avait déjà été amorcée mondialement par les printemps arabes, le mouvement Occupy et les mouvements des Places qui tous avaient placé en tête des mobilisations des revendications ou des demandes touchant les libertés, l’égalité, les conditions de vie en général ; l’emploi plus que les conditions de travail. C’est aussi pour cela que ces mouvements s’adressaient bien plus à l’État qu’au patronat, dans (...)

  • supplément #2 au numéro 19
    Sur cette révolte en général et sur celle des Gilets jaunes en particulier, Temps critiques

    Nous l’avons déjà mentionné dans notre supplément1 au no 19 de la revue Temps critiques, la Révolution de 1789 est une référence du mouvement2. Mai-68 apparaît aussi en filigrane à travers des références au caractère d’événement que constituerait le mouvement des Gilets jaunes comme on a pu parler de « l’événement 68 ». En effet, il marque les esprits par sa soudaineté et son imprévisibilité, par le fait. Il transparaît comme une mémoire des scènes de l’époque et de la violence qui y est attachée. De là à penser (...)

  • supplément au numéro 19
    Sur le mouvement des Gilets jaunes, Temps critiques

    Un autre fil historique que celui des luttes de classes
    On pourrait raisonnablement y voir des analogies avec plusieurs événements historiques comme le soulèvement des Fédérés pendant la Révolution française. Même si bien évidemment il n’y a jamais de véritable répétition dans l’histoire, force est de constater que des éléments communs caractérisent les grandes révoltes populaires dont la lutte antifiscale représente sûrement le point le plus basique1. Ainsi en fut-il du soulèvement insurrectionnel des (...)

  • supplément au numéro 18
    La « crise » et ses annonceurs, Jacques Wajnsztejn

    Un vieux concept transformé en mot-valise
    Avant toute chose, il faudrait reconnaître que si le capitalisme persiste et perdure c’est déjà qu’il fonctionne, et il faut bien l’admettre, que cela ne nous fasse pas plaisir est autre chose. Mais il le fait à partir de tels déséquilibres qu’on peut avoir l’impression que seule sa dynamique l’empêche de perdre l’équilibre définitivement.
    Il s’avère donc, aujourd’hui, qu’il fonctionne pratiquement « à la crise » si on veut absolument conserver ce vocable conceptuel (...)

  • supplément au numéro 17
    L’être humain est la véritable communauté des hommes, Temps critiques

    Pourquoi notre intervention ?
    En premier lieu parce que nous ne sommes ni indifférents ni étrangers à ce qui s’est passé, à l’horreur de l’événement. En second lieu parce que nous voulons marquer non pas notre différence, mais notre absolue séparation d’avec une majorité de tracts ou textes de type gauchiste qui font porter l’essentiel de leurs attaques non pas contre les assaillants ou ce qu’ils représentent, mais contre l’État français sans tenir compte des transformations récentes de cet État. Elles (...)

  • supplément au numéro 14
    Les luttes étudiantes et lycéennes, Temps critiques

    Si dans Blocages et embauchages1 nous avons tenté de faire le lien entre les mouvements étudiants-lycéens de 1986, 1994 et 2006, il nous faut maintenant voir leurs différences en rapport avec leur contexte historique et politique.
    Le projet Devaquet de 1986 a cherché à imposer une sorte de numerus clausus à l'entrée des universités afin de sortir de la contradiction que constituait un fonctionnement encore assez caractéristique de l'ancienne université libérale de classe, mais ouvert à un (...)

  • supplément au numéro 11
    L’État-nation n’est plus éducateur. L’État-réseau particularise l’école. Un traitement au cas par cas, Temps critiques

    Les luttes actuelles dans l’école et autour de l’école sont le produit d’une double crise. Une crise de la socialisation des enfants par l’école, qui achève de dissoudre l’éducation et ses sujets dans un processus général de formation qui doit courir tout au long de la vie. Cette crise ne peut que précipiter la crise de l’institution scolaire elle-même dont la finalité spécifique devient aussi peu claire que ce qu’il s’agit d’y enseigner1. En tant que crise de l’Institution elle oblige l’État à prendre (...)

  • supplément au nº 11
    La politique : à l’impossible nous sommes tous tenus, Temps critiques

    Ce supplément est l’adaptation, sous une forme différente, de l’article intitulé Là où nous en sommes, paru dans le numéro 11 de Temps critiques
    Comme les lecteurs attentifs de Temps critiques1 ont pu s’en rendre compte, si nous continuons à développer notre activité critique d’une appréhension des transformations récentes de la société du capital, une inflexion de cette réflexion s’est produite depuis notre no 9 et le changement de quatrième de couverture, qui nous amène à développer une critique plus (...)

  • supplément au nº 11
    Pour une critique politique des morales de l’intérêt et du goût, Jacques Wajnsztejn

    La discussion polémique autour des « luttes » spécifiques n’est pas nouvelle. On en trouve des exemples au début des années 1970 dans les mouvements de libération dont le titre est fort évocateur : des femmes (mlf), des homosexuels (fhar) ; mais aussi à l’intérieur des groupes révolutionnaires (création du journal Tout de la mouvance « mao-spontex », polémiques virulentes dans les derniers numéros de la revue ico). Ces débats se déroulent à l’intérieur d’un vaste mouvement de contestation de l’ordre établi (...)

  • supplément au numéro 8
    Le sens du tous ensemble : le mouvement de l’automne 1995, Temps critiques

    Retour vers le futur
    Mai-juin 68 : dernier mouvement « classiste » qui, dans sa force, réactive toutes les vieilles formes des mouvements prolétariens : grève générale, mythe du grand soir, occupation des lieux de travail, (auto)gestion ouvrière, rôle des avants-gardes… Mais ce mouvement aussi bien dans ses composantes (rôle des étudiants) que dans ses perspectives utopistes marque déjà une rupture avec l’histoire dont il se revendique. La critique du travail est énoncée et pratiquée (alors que c’est (...)

  • supplément au nº 6/7
    Quelques réflexions sur le mouvement étudiant lycéen de 1994, Jacques Wajnsztejn

    Aspects descriptifs
    À l'origine, une mesure gouvernementale (le cip) qui n'émane pas de l'Éducation nationale, contrairement au projet Devaquet de 1986, mais du ministère du travail. La différence est d'importance car, symboliquement, c'est toute la société qui est touchée à travers une mesure qui ne concerne précisément que les jeunes mais qui annonce un train de mesures plus larges dans le cadre d'une loi sur l'emploi remettant en cause de nombreux acquis sociaux (...)

  • supplément au nº 3
    Quelques points décisifs révélés par la dernière guerre, Temps critiques

    1 - Pour les pays dominants, les guerres ne sont plus menées d'un point de vue national car il n'y a plus de territoire à défendre contre un ennemi extérieur depuis la fin de la politique des blocs. En outre, l'universalité du capital et la « libre » circulation des hommes ont depuis longtemps violé « l'intégrité » nationale. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait plus d'intérêts nationaux mais ceux-ci s'inscrivent immédiatement dans une logique mondiale qui les subordonne. (...)

  • supplément au nº 2
    Non à la guerre - non aux recettes, Temps critiques

    La guerre actuelle produit une antinomie. Par certains côtés elle va dans le sens d'un renforcement de la passivité des individus ; tout semble nous dépasser : « la logique de guerre », le matériel ultra-sophistiqué et inhumain qui est mis en jeu. Face à ce déploiement politico-médiatique et technologique ce que nous pouvons penser ne peut s'exprimer sans paraître immédiatement dérisoire. En cela la guerre apparaît comme un prolongement et une radicalisation de la crise du politique. « Tout est (...)