Avec le déclin du rôle historique des classes, la critique de la société capitalisée ne peut plus trouver l'essentiel de ses références dans les théories et les pratiques du mouvement prolétarien comme elle l'a fait depuis le début du xixe siècle jusque dans les années 70 du xxe siècle.

Aujourd'hui, même si les replis identitaires perdurent, si les intégrismes communautaires se renforcent en réaction à la domination planétaire de l'économie, on assiste aussi au retour d'une critique qui ne se limite ni au cercle étroit des « théoriciens » ni à une réflexion universitaire entachée de ses implications à l'État. Cette critique exprime concrètement le refus de la tyrannie du capital et des mythes de la société du travail, le refus d'admettre que les individus soient réductibles à une valeur économique ou sociale.

Temps critiques n'est pas une revue confidentielle s'adonnant à la pure théorie, mais plutôt un état des lieux de l'activité critique en France et dans le monde ; un effort pour concevoir une action politique qui tienne compte des transformations du capitalisme et de ses nouvelles contradictions ; une critique qui affirme le devenir-autre des rapports entre l'individu et la communauté humaine.